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The Monkees
Publié par Running Hippo le 20/08/2008





Le premier boys-band 1966

En 1966, le show-biz yankee commence à en avoir ras le bol de se faire tailler des croupières par les britishs. Depuis deux ans, les Beatles règnent en maitres sur les hit-parades américains. Non seulement les chevelus de Liverpool enchainent les N°1- Can’t buy me love, Hard day’s night, I feel fine, Day tripper, Ticket to ride, Help, Yesterday, Michelle, Paperback writer, mais les albums trustent les premières places des long-playing, ridiculisant les bo des films d’Elvis, et les tournées prennent des allures de tsunamis. Pour la première fois, un groupe se produit dans un stade : le show des Beatles au Shea stadium de New-york ( 60 000 personnes ) marque le début des concerts de masses ; Pire, dans la foulée des Beatles, une horde de groupes venus d’Angleterre envahit les Hits américains : Stones, Animals, Kinks, Dave Clark five, Herman’s Hermitt monopolisent les premières places du Billboard. Rares sont les américains qui s’en tirent : Dylan, le grand homme des campus, Viet-nam aidant, les Beach-boys , Sonny and Cher….

Sans doute, les affaires n’y perdent rien : avec deux albums Parlophone, Capitol en fabrique trois pour le marché US, mais l’industrie américaine n’a pas l’habitude de jouer les seconds roles et cherche sa revanche ; A Hollywood, un groupe de promoteurs réunis au sein de Colgems productions décide de battre les anglais sur leur terrain : Ils vont fabriquer des Beatles américains, et les imposer sur les radios mais surtout à la télévision, maintenant en couleurs.

A hard day’s night et Help ont montré la voie. Un feuilleton humoristique télévisé racontant les aventures d’une bande de copains formant un groupe pop doit nécessairement faire de l’audience et susciter l’enthousiasme des lolitas. Les dernières déclarations de John Lennon- Les Beatles sont plus populaires que Jesus-Christ- ont choqué les familles américaines, et la succession paraît ouverte..
Les acteurs sont donc choisis davantage pour leur potentiel télégénique que pour leur savoir faire musical. Le procédé n’est pas absolument inédit : en 1959, Fabian, un des clones d’Elvis, a été engagé par son promoteur sur son seul physique, avant même de l’avoir entendu chanter une note .

Micky Dolenz, Peter Tork, Mike Nesmith et David Jones sont donc retenus sur leur potentiel télévisuel supposé ; Jones, anglais, petit et mignon, s’est déjà essayé à la chanson, sans succès. Son physique est censé en faire un chouchou tout trouvé pour les bobby-soxers. Seul Nesmith peut revendiquer un certain savoir faire musical. Il chante et compose. Dolenz et Tork sont des habitués des castings. Pas des play-boys. Plutôt le copain d’à côté, dont la réussite susciterait plus de sympathie que d’envie.

Les scenarii ne posent pas de problèmes. Les équipes compétentes ne manquent pas à Hollywood ; L’idée est de s’inspirer des gags de Lester dans Hard day’s night ; Une bande de potes forme un groupe de rock. On peut broder autant qu’on veut, l’essentiel est de susciter la sympathie pour les personnages et de faire rire le public le plus large possible. ( Le feuilleton est sponsoré par Kellog’s ).
Mais il y a la musique : surpasser les Beatles, ce n’est pas rien ! Depuis trois ans, Lennon-Mc Cartney sont devenus la plus formidable machine à tubes de toute l’histoire de la pop-musique…

Pour le lancement de la série , la responsabilité de la bande sonore est confiée à Tommy Boyce et Bobby Hart, qui ont certes de l’experience en la matière, mais n’ont jamais atteint la grande notoriété.
John Lennon s’était inspiré des Crickets de Buddy Holly pour baptiser les Beatles, Colgems se se fatigue pas trop et retient un jeu de mots tout proche avec Monke(y)es. Here They come…

Le pilote est réalisé en octobre 65. Le premier épisode est diffusé à 19h30 sur Nbc le 12 septembre 66. La première saison comprend 32 séquences de 30 minutes ;
Le single « Last train to clarksville / ( theme from ) the Monkees », et l’album « The Monkees » sont mis en vente en octobre 66. Les deux atteignent immédiatement la première place des charts ; l’album vend 4 millions, chiffre seulement atteint par les Beatles à l’époque. Colgems a gagné son pari.

Diffusés et rediffusés dans le monde entier depuis quarante ans, les épisodes du feuilleton ont amusé un public planétaire, mais quid de la musique ?

Six mois plus tard, les Monkees en tournée en GB avoueront aux journalistes ce que tout le monde soupçonne : ils ne jouent pas sur leurs disques, en tout cas sur les premiers. Boyce et Hart ont mobilisé leur propre groupe, les « Candy store prophets » et de grosses pointures de studio, dont le guitariste James Burton.

Pour les voix, Micky Dolenz prend le plus gros des soli, ce qui n’est pas évident car il est censé être le batteur du groupe, Davy Jones susurre les ballades ( I wanna be free ) et Nesmith chante ses propres compos – il n’y en a qu’une sur le premier album « Papa gene’s blues ». L’ensemble sonne pop-rock avec des arrangements vocaux à la Beatles, période Hard day’s night.

Compte tenu de l’urgence dans laquelle les enregistrements sont réalisés en juillet 66, le produit est étonnament efficace. Le mérite en revient pour l’essentiel aux compos de Tommy Boyce et Bobby Hart – sept sur douze : bons gimmicks et mélodies instantanément mémorisables. Popularisés par la Bo du feuilleton TV, The Monkees, Last train to Clarksville, Lets dance on,This just doesn’t seem to be my day, Gonna buy me a dog vont devenir des hymnes de cours de récré dans tout le pays et bientôt en GB.

Fin 66, les actions de Colgems sont au top : Last train to Clarksville rivalise avec Yellow Submarine et
« The Monkees » avec « Revolver »…

Running Hippo
 

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