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| | Fresh Cream Publié par Rocking Mouth le 20/08/2008

“ The Only Time I’m happy’s when I play my guitar ......” F R E S H C R E A M T H E C R E A M 1 9 6 7 Confirmés après bien des spéculations, les concerts de Cream reformé se sont déroulés - à guichets fermés - les 2,3,5 et 6 mai 2005 au London Royal Albert Hall, les 24, 25 et 26 octobre au Madison Square Garden de New-York . Prétexte bien sur pour sortir des enrégistrements Cd et Dvd de l’événement, réalisés dans de bien meilleures conditions techniques que tout ce qui avait pu être fait pendant la première vie du groupe. Occasion surtout pour les jeunes amateurs de Rock de voir Live une des légendes de l’age d’or de la pop musique. ( Tous les détails sur cream2005.com) Automne 1966. Depuis que les Beatles ont conquis l’Amérique et rapporté des milliards à EMI, les firmes britanniques lancent chaque semaine, à grand renfort de pub, la nouvelle « révélation ». La plupart des groupes qui émergent un instant de l’anonymat y retombent vite, comme les Honeycombs, pourtant N°1 au Top quelques semaines. Certains s’accrochent et enchainent les tubes avant que des dissenssions internes – querelles d’égo, mais on ne dit pas : « Machin est un sale con qui veut monopoliser les caméras », plutôt « les orientations prises ne me plaisent pas, trop commercial. Pour moi, seule la musique importe », et la presse brode sur les « divergences musicales » – n’amènent les membres à se séparer. Des deux cotés de l’atlantique, les ventes sont sans ambigüité : pour le moment, personne ne parvient à remettre en cause la suprématie des Beatles. Les Stones ont paru les menacer l’an dernier, mais leur dernier single « Have you seen your mother, baby, standing in the shadow ? » n’a pas atteint la première place. Les Kinks, Animals, Manfred Mann, Spencer Davis Group, Yardbirds, Small Faces enchainent les tubes, les – « My Generation » - Who ont l’air de vouloir secouer le cocotier, mais pour John, Paul, Georges et Ringo, une nouvelle fois au Top avec « Yellow submarine / Eleonor Rigby » et Revolver, la menace paraît venir surtout des Etats-Unis, avec le retour des Beach-Boys, dont le single « Good Vibrations » et l’album Pet sounds cartonnent, et les Monkees, fabriqués de toutes pièces par Hollywood – tubes et feuilleton Tv - sur le gabarit « Hard Day’s Night. » Pourtant depuis quelques semaines la presse spécialisée rapporte des rumeurs sur l’apparition d’un nouveau phénomène, pour lequel elle invente le terme de « Supergroupe ». Bien qu’un groupe soit, par nature, un organisme collectif, tous ses membres ne pèsent pas le même poids. Le son d’un groupe, ce qu’on reconnaît à la radio, c’est d’abord le timbre d’une voix, éventuellement le son d’une guitare. Sauf exceptions, les instrumentistes peuvent être remplacés sans que l’auditeur s’en rende compte, et c’est souvent le cas : Jimmy Page, avant de fonder Led Zeppelin, a joué sur les premiers tubes des Kinks ou des Them à la place des guitaristes titulaires. Le chanteur, Mick Jagger, Paul Jones , Eric Burdon, qui se tient devant et monopolise les caméras de TV, apparaît le plus souvent comme l’incarnation de la formation et son porte- parole . En raison d’une personnalité hors du commun ou d’une particulière virtuosité, certains instrumentistes atteignent cependant à la gloire individuelle. Au cours de l’été, Chris Welch avait lançé un sondage dans le Melody Maker, bible hebdo de la pop avec le New-Musical-Express, sur le thème : « Quel serait le groupe idéal ? » et avait interrogé la plupart des grands noms de la scène britannique. Le « super-groupe » imaginaire sorti des urnes se composait de Stevie Winwood ( Spencer Davis ) - chant –, Eric Clapton ( Bluesbrakers ) – guitare solo –, Bruce Welch ( Shadows ) – guitare – , John Entwistle ( Who ) – basse –, Brian Auger (Trinity ) -Orgue –, et Ginger Baker ( Graham Bond organisation ) – batterie. Peu après se répand la rumeur qu’un super groupe bien réel, un trio, allait naître, et que cette formation exceptionnelle prendrait tout modestement le nom de Cream. Le trio est alors inhabituel, la plupart des groupes ont 4 ou 5 membres. Pas de problème en studio, où on peut doubler ou tripler les guitares. Mais sur scène, c’est plus difficile : à trois, chaque instrumentiste doit assurer en permanence, et le chanteur voit sa mobilité très réduite. Mais les trois Cream ne sont pas les premiers venus… L’initiative de la réunion semble due à Ginger Baker, le batteur. Né en 1939, il voulait être …coureur cycliste jusqu’au jour où il vend son vélo pour acheter une batterie . Il est devenu un batteur expérimenté, mais ce n’est pas stricto-sensu une pop-star. Il joue en effet depuis des années – ses premiers enregistrements datent de 1957- dans des formations de jazz et, a succédé à Charlie Watts parti chez les Stones, dans les Blues Incorporated d’Alexis Korner. Il est actuellement la vedette du Graham Bond Organisation qui se produit dans les clubs de Londres et joue un Jazz-rock inédit. « Je me suis toujours considéré comme un Jazzer, pas un rocker ». De fait, comme le fracassant Bobbie Clarke, des Play-Boys de Vince Taylor, qui lui aussi vient du jazz , ses maîtres sont des batteurs comme Baby Dodds ou Max Roach . Mais dès ses débuts, Baker se distingue par l’agressivité avec laquelle il utilise son set aux deux grosses caisses . Encore peu connu du grand public, il est considéré par la plupart des spécialistes, et d’abord par lui même, comme le meilleur batteur du monde… Avec lui, Il amène Jack Bruce, chanteur et bassiste de Graham Bond. Né en 43 à Glasgow dans une famille de musiciens, Bruce n’a jamais fait que de la musique, à l’école puis très vite sur scène, trimbalant sa double-basse dans les bals d’Angleterre et d’ Europe. En 62, il rejoint lui aussi Alexis Korner, puis forme Graham Bond avant de passer par les Bluesbrakers et Manfred Mann. « Trop commercial !.. ». Virtuose de la basse à six cordes, Bruce fait revenir cet instrument, souvent confiné dans l’ombre, sur le devant de la scène, d’autant qu’il chante, compose et joue de l’harmonica. L’idée de Baker est donc d’en faire, comme Mc Cartney , le compositeur et la voix du nouveau groupe. Le guitariste est tout à fait d’accord, car il n’a qu’une confiance limitée dans ses possibilités vocales. Le Guitariste, c’est Eric Clapton. Lui est une star. « Clapton is God ! » proclame un tag répandu dans le métro de Londres et complaisamment reproduit par la presse tabloïde. Rapide promotion pour un garçon de 21 ans et qui semble fuir toutes les formations où il passe dès que le vedettariat menace. Eric Clapton est né en 45 dans le Surrey d’une très jeune mère célibataire, et a été élevé par ses grand-parents. Une famille de musiciens : le grand-père anime les bals des environs et sa femme joue du piano. Enfance sans histoire jusqu’au jour où il découvre que celle qu’il croyait être sa grande sœur est en fait sa maman. Il a du mal à s’en remettre , laisse tomber l’école et se replie sur lui même, jusqu’au jour où il découvre le rock. A 13 ans il demande sa première guitare – une Hoya espagnole – mais a du mal a l’apprivoiser. Et puis le rock est populaire, et Eric ne se sent pas comme tout le monde. Il aime rester à l’écart et cherche d’où vient la musique qu’il aime. Il découvre BB King, Muddy Waters, Buddy Guy, Robert Johnson. Il ne fera plus rien qu’écouter et jouer le blues. Pour ses 16 ans, ses grand-parents lui offre une Kay électrique ( copie de Gibson Es-335 ). Premier groupe en 63, les Roosters. Puis 18 mois avec les Yardbirds de Keith Relf. Eux aussi, après deux tubes, « For your love », « Still i’m sad », on en parle comme de nouveaux Beatles. Trop de lumière pour Eric, qui les quitte pour retourner au blues . Avec les Bluesbrakers de John Mayall, il ne devrait pas faire autre chose : même si le groupe est porté aux nues par la presse spécialisée, il ne touche pas le grand public ; Pourtant l’album « Blues Brakers with Eric Clapton » monte dans les charts, ses fans le proclament « Dieu » et les relations sont conflictuelles au sein de la formation . En Juillet 66, il s’en va. Lors de sessions de studio, il joue avec Jack Bruce…Cream est en route. La première œuvre du super-groupe mise sur le marché est un single : curieux de la part de puristes qui ne veulent pas faire de « commercial », mais choix de la Stigwood Organisation qui diffuse leur production et lance aussi les Bee Gees. « Wrapping paper » surprend, et même le Melody Maker est dubitatif…On s’attend à des prodiges de virtuosité d’un guitariste, d’un bassiste et d’un batteur, et ça commence par un riff de piano…pas de soli, sauf un break surprenant où Clapton et Baker utilisent leurs instruments comme des guitares hawaïennes. En soutien, Baker est des plus discrets ;. Une ballade nostalgique sur un amour perdu et le bon vieux temps qu’on espère revoir…Plutôt agréable, mais rien d’un maëlstrom. L’accouchement a été difficile. N’écrit pas des tubes à la demande qui veut, et la concurrence à l’époque est terrible. Jack Bruce a demandé l’aide d’un copain parolier- poète, Pete Brown , et ils se sont efforcés d’écrire pour les charts. « Wrapping paper » entre à peine dans le top 20. Compromission inutile : Cream ne sortira plus de single. L’album « Fresh cream » suit début 67, et présente les trois héros sur la pochette, qui n’ont l’air de douter de rien et surtout pas d’eux-mêmes. Ginger Baker a toujours eu du goût pour les uniformes. Il est en vareuse et bonnet de fourrure. A l’unisson, Bruce et Clapton, serre-tête et lunettes, sont en aviateurs des années 30.. Ce premier LP est à l’évidence un compromis entre le culte du blues et les ambitions d’un groupe nouveau : sur 12 titres – le vinyle ne comprend pas « Wrapping paper » rajouté sur le Cd- Cinq sont signés ou co-signés Bruce, le reste appartient à la tradition du blues ( Dixon, Muddy Waters) En prime, une composition de Baker qui lui permet de faire Son solo : Toad. Certains vont vite devenir des standards : « I feel free », « Sleepy time » « NSU » . Lors des concert s de 2005, ils reprendront sept des titres de ce premier album. Suivront Disraeli Gears ( 67 ), Wheels of Fire – double Lp – ( 68 ), Goodbye ( 69 ) et Live Cream ( 70 ). Quand Cream se sépare en 69 pour donner naissance à Blind Faith, 35 millions d’albums ont été vendus en moins de trois ans…. Ecoutez NSU ! Le top de Cream est là ! Pas d’interminables soli à la dimension de l’égo des musiciens. La pulsation frénétique des drums de Baker , le martèlement de la basse de Bruce, la guitare de Clapton qui décolle, et nos trois héros à pleins poumons : « Driving in my car, smoking my cigar, The only time I’m happy’s when I play my guitar….. Deux minutes 40’ de pure jouissance; L’essence du Rock’ N’ Roll !!! Ginger Baker + Jack Bruce + Eric Clapton = CREAM ( 66 – 69 ) Merci à eux !
| Rocking Mouth |
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